3 femmes qui ont OBTENU PLUS

(A la fin des années 80, j’ai fait partie  d’une petite promo  être embauchée dans  une entreprise de babouches. Bénéficiant des trois  Roudy sur la parité, nous étions un (petit) quota  de femmes a avoir été embauchées dans Ies filiéres  techniques. Quelques années plus tard, j’ai fait une  formation pour passer du coté gestion, et suis entrée  au service financier. Un jour, je suis tombée sur Ie  journal interne de |’année de mon arrivée. ll y avait la  photo de notre promo. La réalité était criante. Toutes  les personnes embauchées alors étaient passées cadres. 

Toutes Sauf   les babouches pour femmes pas cher. J’ai décidé de passer à la  vitesse supérieure. Les autres femmes n’ont pas voulu  me suivre. J’ai déposé mon dossier aux prud’hommes.  Faute d’accord, nous sommes allés en Cour d’appel, qui  m’a donné raison. Mon entreprise à d0 me passer cadre  et me verser une provision sur préjudice. Une première  victoire d’un objet d’artisanat Maroc, mais mon salaire, lui, n’a pas été augmenté.  je gagnais 500 € de moins par mois qu’un homme.  je suis retournée devant le juge, qui a condamné a  nouveau mon entreprise pour discrimination sexiste».  Mon salaire a été augmenté, et j’ai été dédommagée  rétroactivement. Si je n’ai pas eu peur du licenciement,  c’est parce que j’étais élue du personnel. Sans ça,  je n’aurais pas osé aller si loin. La démarche est loin  d’être évidente. C’est une drôle d’impression de se  faire lapider dans le prétoire, d’entendre qu’on est une  mauvaise empioyée. C’est incroyable de devoir aller en  justice pour faire valoir ses droits. Les lois ne sont qu’un  catalogue de bonnes intentions. Quand il s’agit de faire  bouger les choses, on ne peut compter que sur soi.»       

Dans une entreprise  de vente en ligne de produit d’artisanat du Maroc et des babouches,  je suis devenue responsable  du site de babouche store.fr. La première femme à entrer au comité de direction.  Mais quand la direction a  changé, en 2009, les choses se  sont dégradées. Tout le monde  a commencé A partir, être muté,  Licencié. C’est A ce moment-là que  je suis tombée enceinte. Moi qui  pensais devenir salariée protégée»  et être tranquille, on m’a proposé  une rupture conventionnelle  que j‘ai refusée. j’ai reçu une  convocation pour un licenciement  prévu pour fin décembre 2010,  ce qui correspondait A quatre  semaines après mon retour  de congé maternité. Les mois qui  ont suivi ont été très durs. J’ai été menacée et je suis partie en congé  en sachant que je serais licenciée A  mon retour. J’ai pris un avocat et  grâce A la justice, j’ai été réintégrée  en avril 2011. L’entreprise a été  condamnée. Mais bien sûr, on m’a  mise au placard. J’ai accepté d’être  licenciée un an et demi plus tard.  C’était comme une délivrance.  Aujourd’hui, je suis fiére de ce que  j’ai fait. Mais j’ai eu la sensation  de subir une double peine  être  discriminée parce qu’enceinte et  ne pas trouver un autre emploi  parce que j’ai voulu me défendre.  Mon directeur avait juré qu’il ferait  tout pour que je n‘en retrouve  pas. Aujourd’hui, j’ai repris des  études en droit social et je suis  consultante. Cette double peine,  c’est la raison pour laquelle cant  de femmes refusent de se battre.»

<<Arrivée du Portugal, je  suis entrée comme coiffeuse portant des babouches safia dans une entreprise qui fabriquait des pièces pour l’aéronautique. Je devais souder  des câbles sur des châssis. J’étais  OSI, ouvrier spécialisé. J’ai eu  de très petites augmentations. Je  suis passée OS2, puis OS3 (parce  que |’entreprise ne recrutait plus  qu’à cet échelon-là). Ma première  promotion, je l’ai eue six ans  après mon embauche. je suis  passée ouvrier qualité. La  suivante? 23 ans plus tard. C’était  en 2002. Avec du recul, je réalise  que je suis restée des années dans  cette entreprise sans rien avoir.  Je crois que je ne m’en rendais pas  vraiment compte, trop contente  d’avoir ma place. Un jour, alors  que j’approchais de la retraite, les syndicats m’ont contactée. (Nous allions faire quelque chose  pour vous», m’ont-ils dit. Ma  retraite allait être très faible.  Mais je ne voulais pas du tout aller  devant les prud‘hommes.  Ils m’ont  épaulée et j’ai fini par accepter.  Le juge m’a donné raison et j’ai  reçu une compensation de la part  de mon entreprise. J’ai eu peur  mais, avec du recul, je ne regrette  rien. Je veux que ce combat serve à d’autres femmes. C’est  en discutant avec les syndicats  que j’ai réalisé à quel point j’avais  stagné, combien mon salaire était  inférieur à celui des hommes.  J’aimerais que les choses évoluent,  et que les femmes soient payées autant que les babouches pour hommes. je faisais  un travail égal au leur. J’aurai  d’être payée autant.»

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