Fière bière

Fraîchement installés à Montreuil,  les brasseurs Deck & Donohue veulent  révolutionner la bière artisanale.

Comme le cidre  et le café, la bière connaît en ce moment  un changement de trajectoire qui  en fait un élément comme un autre de  la panoplie du foodie.  C’est le pari de deux compères,  Mike Donohue [américain] et  Thomas Deck [français] – ils se sont  rencontrés sur les bancs de la fac  de Georgetown aux Etats-Unis il y a une  dizaine d’années -, qui viennent  d`ouvrir leur microbrasserie à Montreuil  après avoir quitté leurs jobs. « Mike  brassait déjà en petite quantité’ chez lui  puis est passé par des endroits réputés  comme 27st Amendement Brewery  à San Francisco, raconte Thomas Deck.  Moi, je m’y suis mis vers 2005, en rentrant  en France. Après un stage dans une  petite brasserie en Alsace, j’ai commencé  à fabriquer de la bière dans ma cuisine  et ma salle de bains. Quelques années  plus tard, Mike est venu s’installer  en France. Je pense que c’était le moment  ici, la bière artisanale n’est pas toujours  traitée avec professionnalisme.

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Une fille qui avorte commet un homicide

Une fille qui  avorte commet  un homicide  volontaire l’association Alliance Vita au cours  d’une séance d’instruction religieuse

Il avait déjà signalé au  directeur que des élèves  s’étaient dits choqués  d’entendre en classe  l’islam a été inventé par le  diable » ou « un homosexuel  qui veut des enfants, c’est  comme un cul-de-jatte  qui veut des chaussures ».  En réponse, le directeur  reste évasif : « Ce doit être  une erreur, je ne sais pas. »  Francesca enseignante  au collège Gerson,  s’inquiète de la « réduction  des minorités el  de l’homogénéisation  des élèves c’est visible  à l’œil nu  Aux parents stupéfaits,  monsieur Person a répété,  comme un mantra:  « Bienveillance, ouverture,  exigence. Voilà l »ADN  de Gersonf’ Le directeur  diocésain vient à sa  rescousse : « Des  dérapages verbaux, il peut  y en avoir dans tous les  établissements. Ce n’est  pas symbolique de tout le reste a la sortie  de la salle surchauffée,  les joues rosies, certains  parents assurent qu’ils  désinscriront leurs enfants  à la rentrée prochaine,  D’autres choisissent de  faire confiance à l’ADN  de Gerson.

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La villa Médicis m’apaise c’est une fenêtre immense dominant la villa

Pour l’actrice, Rome reste 21 son mariage, en 2003, avec Emmanuel-  Philibert de Savoie, petit-fils du  dernier roi d’Italie. Une ville quelle aime  au point de songer à s’y installer.  UN SANCTUAIRE ? Sainte-Marie-deœ  Anges-et-des-Martyrs C’est la basilique  où je me suis mariée, et qui reste  pour moi le symbole d’un engagement  fondamental  L’intérieur est plein  de charme, avec la méridienne  de Bianchini, décorée de signes du  zodiaque et qui parcourt le sol.  UN RESTAURANT ? Roscioli  Au comptoir de cette epicerie, nichée  au cœur de la vieille ville, on peut  acheter des jambons et des fromages  délicieux. Il est aussi possible de goûter  tout un assortiment de charcuteries et  boire du bon vin rouge italien. Roscioli,  c’est la Rome des Romains, pas celle  des touristes. I’y ai passé une soirée en  amoureux inoubliable…

UN QUARTIER ?

Le Trastevere  Ie retrouve toujours ce quartier avec  plaisir. C’est un dédale, à la fois  populaire et très pensé par les  noctambules  je l’ai connu grâce à une actrice italienne, Stefania Rocca.  Elle et ses amis m’ont invitée dans  leurs appartements respectifs,  puis ils m’ont emmenée dans leurs  bars de prédilection C’est un peu  comme si j’avais découvert la place  Clichy avec des artistes parisiens.  UNE ATMOSPHÈRE ? Le mélange  architectural A Rome règne une  alchimie parfaite entre les époques  antique, Renaissance et moderne.  Les pavés romains, les palais anciens  s’ouvrant sur de paisibles jardins,  comme le palais Corsini, le sublime  et futuriste auditorium du Parco della  Musica imaginé par l’architecte  Renzo Piano, ou le musée de l’Ara  Pacis aux volumes géométriques  éclatants de blancheur.  UN PALAIS ? La villa Médicis  Ce lieu apaisant m’inspire.

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Le week-end on peut faire retraite à san-francesco ou tout est beauté et silence

Mer l’individu impropre ou le conserver  comme appât Il le faut voir aussi deviner, en écar-  tant légèrement les pattes de l’animal, si le crabe  sera prêt à produire une nouvelle carapace et à  grandir dans des caisses immergées, les «vieri». «Les  moeche, explique encore Bruno dans un patois qui  élimine les “l”, ne sont pas consommables avant  un an. Et on doit les manger vite (et frits) car ils ne  mettent qu’une journée pour durcir» Au final, 10 à  15  des crabes péchés, puis élevés, deviennent les  très convoités moleche dont le prix (quarante à cinquante euros le kilo) fait briller les yeux des pêcheurs.  Bruno confie qu’il arrive à s’en sortir. Lui et ses  trois frères se partagent les tâches : celui qui  aujourd’hui s’est levé tôt pour partir en barque ira  demain proposer la récolte à la criée aux grossistes  ou la vendra plus tard aux restaurants ou aux particuliers. Autour de Mazzorbo, on compte quarante  postes de pêche pour une centaine de pêcheurs  qui travaillent par équipes de quatre à sept personnes. Deux fois l’an, au printemps et à l’automne,  les postes sont distribués au hasard à chacun des  groupes, qui s’arrangent entre eux pour une répartition équilibrée. Ainsi se perpétue un certain mode  de vie communautaire.  Face à Burano, si haute en couleur, Torcello fait  figure de pénitente avec ses rares maisons que  quelques roseaux suffisent à cacher. Seize per-  sonnes subsistent sur cette île qui passe pour avoir  été la première habitée de la lagune et qui compta,  à son apogée, jusqu’à neuf paroisses et S0 000  âmes ! Vestige de ces temps bénis, la cathédrale  Santa Maria Assunta offre, du haut des cinquante  mètres de son campanile, une vue imprenable sur  les «Valli da pesca››, littéralement «vallées de pêche».  Dans ces vastes bassins, que des canaux relient à  la lagune, les poissons sont piégés lors de leurs  migrations. Au début de l’hiver, les adultes gagnent  les eaux plus chaudes de la mer où ils se repro-  tout est beauté  et sflence  duisent : c’est la «smontata». A l’orée du printemps,  les eaux de la lagune, renouvelées par la fonte des  neiges alpines, attirent les jeunes poissons : c’est  la «montata». Dans les années 1900-1910, ces pêcheries ont été cédées pour presque rien à des propriétaires terriens qui les ont transformées en aires de  pisciculture.

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Palazzo Foscari

Durant l’été 1574, Henri III de Va-  lois, 22 ans, rentre de Pologne pour  succéder à son frère Charles IX sur  le trône de France Il fait étape à Venise et le doge Alvise Mocenigo en-  tend lui faire un «trionfo». Le palais  Foscañ, bijou gothique bâti en 1452  par le doge Francesco Foscari sur  la boucle du Grand Canal, est réquisitionné pour l’héberger. Draps  d’or, tapis d’Orient, soieries, étendards de velours Y sont étalés à  profusion. Les pièces d’apparat réservées au souverain sont ornées  de tableaux de Bellini, Titien, Véronèse, Le Tintoret…  Le 18 juillet, Henri III fait son entrée officielle à bord d’une galère  propulsée par 400 rameurs, tous  vêtus clé taffetas jaune et bleu, à la-  quelle des centaines de gondoles  font cortège. Puis, après avoir atteint la rive du Lido à la hauteur de  l’église San Nicolo, il embarque sur  le «Bucentaure» pour une ultime  étape sur le Grand Canal. Vers  18 heures, toutes les cloches de la  ville carillonnent tandis que le bateau de parade se range devant le  palais Foscari, où est donné l’un  des plus grands banquets clé l’histoire de la Sérénissime (3 000 invités, 1 200 plats). L’attendent en-  suite des plaisirs plus secrets : il  recevra dans sa chambre la célèbre  poétesse courtisane Veronica  Franco (qui lui dédiera un recueil  de ses rimes). Toute la nuit, pour  étonner le monarque, un four flottant destiné à l’industrie du verre  fonctionnera sous ses fenêtres ! Et  bien d’autres festivités se dérouleront durant la semaine qu’Henri III  passera dans la Sérénissime.

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L’étoile montante

Mayotte est l`ile la plus septentrionale de l’archipel des  Comores. Avec ses eaux turquoise ourlées de magnifiques  plages de sable blanc, c’est l`une des destinations de vacances  les plus prisées de la côte Est de l’Afrique. Mais l’île recèle  d’autres beautés tout aussi enchanteresses, comme celle du  top-model en devenir, Julia Daka.  Femme africaine a toujours voulu faire découvrir les  nouveaux talents africains et essayer de présenter les futures  stars. Par exemple, nous avions repéré Lupita Nyong`o il y a  un an, bien avant que la belle Kényane ne devienne célèbre  et soit nommée aux Oscars de la meilleure actrice pour sa  prestation exceptionnelle dans 12 Years u Slave À enjuger la séance de photos réalisée par l`ancien mannequin Elena , nous avons l’intuition que cette jeune  femme de 1 m 73, originaire de Mayotte, mais résidant à la  Réunion, fera la une des magazines de mode et la vedette  des podiums pendant de nombreuses années.  Julia est une jeune femme très déterminée, en partie  parce qui elle n’est pas née avec une cuillère en argent dans la  bouche.

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Le VN est quelque part entre le roman-photo, le théâtre de poche, la BD, la littérature expérimentale et La Ietée de Chris Marker

Installé, durablement, voisinant souvent de près  le manga à qui il emprunte son esthétique. Mais  sur quoi cette esthétique et les codes du genre  reposent justement ? Le VN est quelque part entre  l’antique roman-photo, la BD, le théâtre miniature,  la littérature expérimentale et La Jetée de Chris  Marker. Graphiquement, le VN reprend quasi  systématiquement un character design générique  d’anime japonais, des personnages aux styles  de qualités variables selon les auteurs qui les  dessinent- le genre étant, comme ses prometteurs,  souvent issus de la scène doucin, cercle de fans  dédiés au manga ou au fanzine. À ces figures  dépourvues la plupart du temps d’animation (elles  se contentent d’être affichées au pre mier plan),  le VN ajoute des images fixes, des décors parfois        vídés de toute présence, ainsi que quelques cut-  scènes, doublages et musiques – au point qu’on  parlera aussi de Sound Novel. Mais l’essentiel est  le texte. Un texte avec lequel les développeurs  jouent, rythmant son défilement ou sa présence  à l’écran pour que la lecture elle-même soit mise  en scène. Interactivité, lorsqu’elle existe, prend  d’ordinaire la forme d’embranchements narratifs  (on parlera de « route ››), pouvant déboucher sur de  multiples variations de l’intrigue et flns différentes.  C’est cette même expérience de récit non linéaire,  construit telle une arborescence, pavée de choix  moraux, que les Mass Effect et autre Walking Dead  explorent aujourd’hui. À la différence que le VN,  délesté des atours du RPG (qu’il croise parfois)  ou du point and click (qu’i1 connaît aussi, Phoenix  Wright est son plus célèbre avocat), se focalise  sur le texte. L’implication dans la matière même  de l’intrigue n’en est que plus étonnante pour un  lecteur mis face à une narration écrite vivante  dont il ne peut explorer toutes les facettes, tous les  embranchements, tant certains VN les multiplient.

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Fabrice Cohn, éditeur

Ta collection s’intitule  « Super 8 ›› : pourquoi ce nom ?  Fabrice Colin : C’est une triple  référence : au format de ciné amateur  lancé par Kodak en 1965 (clin d’œil  générationnel), au film de J. J. Abrams (un  Spielberg 2.0, qui synthétise à merveille  l’esprit de la collection) et au fait que  nous publierons huit titres par an.

Quelle est la ligne éditoriale ?  F.C. : Chaque fois qu’un polar ou un thriller  ou n’importe quel livre contemporain tend  vers le fantastique, nous sommes à l’affût.  Idéologiquement, ça va de La Route au  Festin nu, en passant par Moore, K. Dick  ou Murakami. Dès 2015, nous publierons  aussi un essai de Pacôme Thiellement.

Comment t’es-tu retrouvé àla tête  de ce projet, au sein de Sonatine ?  F.C. : Je suis auteur chez Sonatine -je  connais bien ces malandríns. Super 8 est  une structure indépendante mais Féquipe  est peu ou prou la même. Le credo : injecter  des doses massives de pop-culture déjantée  dans la littérature contemporaine.

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food trip a copenhagen

Un poisson confit dans une huile de pin qui vous chatouille  le palais, une feuille de betterave planquant un oignon grillé et  un maquereau vinaigrette, quelques cœurs de canards fondants  dans un porridge de seigle… Avec pas moins de dix-sept  étoiles au Michelin (Relae, Kadeau, Geranium…), un Cooking  Festival qui buzze chaque année et de jeunes tables abordables  qui ont fleuri plus vite qu’un radis (Pony, Stedsans, Congo…),  Copenhague est devenue une Mecque food et le nouveau lieu  de pèlerinage des gourmets étrangers. Depuis l’été dernier, on  se presse chez Amass, où Matt Orlando, ex-chef de Noma aux  côtés de René Redzepi, cultive sur place les fleurs, les herbes  et les légumes qui composent ses assiettes. Chez Kadeau ?  Les pattes de poulet grillées volent jusqu’à votre table dans  un nid – un vrai !-, quand les plats qui suivent égrainent le butin  d’une cueillette sur l’île de Bornholm. Et s’attabler chez Höst,  c’est soudain goûter au « hygge». Hy-quoi ? Rien à voir avec une  spécialité… mais le sentiment intraduisible en français de se  sentir bien. Un art de vivre en somme, dans lequel les Danois  excellent. « Hygge » (prononcez « Hu-gue »), comme une bougie  qui crépite sur une table en bois brute, une assiette en grès  qui n’attend plus qu’un coup de fourchette, un smØrrebrØd au  hareng revigorant et une balade à vélo. Visite d’une ville pleine  de spots « hygge» et « huge », pour un week-end gourmand.

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