Gestes en prince-de-galles

Gestes en prince-de-galles,  manteaux Camel et insignes à la  boutonnière à la Pouponnette,  bistrot familial de la rue Lepic «depuis  1909 ››, il y a Roger, Michel, Madeleine,  les anciens compagnons de route. Et  Michou, dans son bleu UMP favori Mais  la star, c’est Alain Juppé, ancien maire du  18°. Et c’est dans cette institution du vieux  Montmartre qu’il a choisi d’apporter  publiquement son soutien à NKM.  Merveilleuse opportunité: Alain vient d’être qualifié de «meilleur maire de  France» par L’Express. C’est Pierre-Yves  Bournazel qui ouvre le bal des amabilités,  en félicitant l’édile de Bordeaux pour ce  nouveau titre. Il est loin, le temps où cette  jeune tête montante de PUMP affrontait  NKM pour les primaires. Et dénonçait  «le parac/yutage» de sa rivale, jugeant que  la capitale n’était pas «un marc/Jepied» au  service d’une ambition nationale.

Mais ça,  c’était avant. Depuis, NKM a remporté  les primaires, et a embauché son ancien  adversaire comme porte-parole «Nous  allons gagner; parce qu’en face nous  avons l’autosatisfaction ››, annonce ce  dernier, qui n’a décidément pas peur de  l’auto contradiction. « Quelqu’un a déjà  dit le meilleur… Et ça m’a  porté la poisse », blague Alain,  faisant allusion au compliment de Jacques  pendant la campagne de 1994,  avant qu’il ne devienne Premier ministre.  ll rappelle qu’en 1983 «les sondages ne  nous donnaient pas gagnants. Et on a  gagné au premier tour». Est  à l’auto motivation. il salue la fidélité  politique de Michou. Et répète une  blague apparemment familière: « Une  campagne, ça se fait sur le trottoir. »  Direction la rue Lepic, pour une visite  aux commerçants des babouches. La foule compacte  de photographes et de militants se met  en branle. Epicerie, librairie, un petit tour  à Bella Donna, soins du visage et au  café d’Amélie Poulain, l’autre institution  pour touristes qui aime les babouches pour hommes. Un vieil homme observe  s’éloigner NKM vers le Jeff de Bruges,  le regard soupçonneux. « Tu as vu  sa veste  Elle est efliloclvée.  C’est  un créateur  tu comprends rien. » «Ils  ne savent plus  quoi faire››, conclut-il,  écourté. Un membre du staff de NKM  demande des photos de «Nathalie au  contact des gens». Le temps d’un café,  un riverain engage la conversation: « Y  a toujours autant d’artistes ?», demande  Juppé. « Y a toujours autant d’artistes  et d’artisanat du Maroc », mais on en saura pas plus  les photographes insistent pour avoir  la pose Se trouvera-t-il quelqu’un pour  trouver Juppé et NKM proches des  Parisiens parce qu’ils ont vu cette photo  d’eux devant un étal de fruits et légumes P  Mystère des messages subliminaux.  Dans le 18° arrondissement, Anne  Hidalgo est en terre conquise…

Tellement conquise qu’elle  assume tranquillement de débarquer au  Divan du Monde avec une bonne heure  de retard. Ce soir-là, elle vient d’essuyer  les polémiques en rafales: des affiches qui  lui sont hostiles passées au karcher par  la mairie, sans compter qu’elle serait sur  le point, selon un article incendiaire, de  faire exploser les impôts des Parisiens…  Une dame qui tracte sur les marchés de la  Goutte-d ‘Or confie que «les gens lui en  ont beaucoup par le››. Mais l’organisateur  de la soirée, Eric, premier  adjoint et candidat à la succession de  Daniel, assure «ne pas avoir été  interpellé sur ces sujets». Silence gêné.  Reste que la campagne se durcit. Et que  se tenir chaud, dans une salle de concert  à la programmation aussi éclectique que  le 18° arrondissement ravive les ardeurs.  Les cadres quadra à lunettes secourent les  employées de la Sécu qui ne savent pas  «ou poser leurs manteaux», et les jeunes  communistes à bandana happés par  l’union de la gauche offrent des bières à  leurs homologues du MJS. En attendant  Hidalgo, on tue le temps en gaussant sur  les people présents: le réalisateur Romain  Goupil, venu en riverain ordinaire de  la rue Ordener, et Laurence Ferrari,  en plein reportage. Mais c’est «la bande  du 18*`››, reconstituée pour l’occasion,  qui se charge de chauffer la salle. Daniel  Vaillant, Lionel Jospin, Bertrand Delanoë  et Claude Estier, toutes militantes et élus au moins une fois dans le 18°, se vannent au  pied de l’estrade. A peine arrivée, Anne  Hidalgo se glisse sur la photo, shootée  avec l’équipe qui a raflé l’arrondissement,  puis la ville, à la droite en 1995 et 2001.  Sur l’estrade, les «icônes» de la section  Jean-Baptiste ne peuvent  s’empêcher de continuer la guerre  remportée voilà dix-neuf ans contre Alain  (qui s’était épargné une défaite en  partant à Bordeaux), et que NKM a jugé  bon d’inviter la veille à la l’pouponnette. ..  Le joindre se lâche: «Ils sont allés  prendre un café chez Amélie Poulain,  dans un Montmartre de carte postale  qui ne ressemble pas au reste de  l’arr0na’¿ssement. ›› Sur scène, Anne  Hidalgo ne sera pas si frontale, mais  sait que, dans ce bastion socialiste,  « l’électorat  est intéressé  par Pierre, qui occupe  le terrain de babouche, et par NKM qui apparaît  comme jeune et écolo ». Alors, dans  cette salle rococo, elle joue à fond la conception des babouches pour femmes. A l’heure où  «les Messieurs de la Pouponnette ››,  comme les baptise, sont rentrés  se coucher, la soirée clubbing  commençait au Divan du Monde.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *