maroc histoire

Maroc – artisanat origine et histoire

Avec la destruction de Carthage et la conquête de la Mauritanie, les implantations romaines commencèrent à prospérer. Ces nouveaux maîtres avaient essentiellement pour objectif  de s’assurer le contrôle de la côte du Maroc et d’entretenir de bonnes relations avec les habitants de l’arrière-pays. On vit ainsi apparaitre une population romano-berbères, qui les centrent de Cotta, Tamuda, Lixus et, surtout, Volubilis.

Cette magnifique cité préservée par le temps constitue à l’heure actuelle l’un des plus beaux sites archéologiques du Maroc et d’Afrique du Nord. Ces évènements historiques touchèrent néanmoins très peu les tribus de l’intérieur. Les berbères, en revanche, subirent beaucoup plus fortement l’invasion arabe et l’avènement de l’islam.

Une révolution militaire, sociale et religieuse qui, en n’affectant pratiquement pas la pureté ethnique de la population, marqua son destin d’une empreinte indélébile. Les pasteurs nomades et anarchistes devinrent d’invincibles guerriers : ils formèrent des armés au nom du coran, conquirent des royaumes et des villes pour ensuite les perdre, tout aussi rapidement, comme emportés par une tempête dans le désert. Les dynasties se  succédèrent et les guerres s’enchainèrent : des conflits qui embrasèrent la côte atlantique et méditerranéenne du Royaume du Maroc, mais aussi l’Espagne, le Portugal, jusqu’au bord de l’Afrique noire.

Stratégiquement situé à la frontière de deux continents, le Maroc diffusa l’idéal d’un empire berbère et islamique, fusion parfaite n’être ce qu’il y avait de plus ancien dans la région et la foi en un dieu unique, maître de tous les peuples depuis l’Atlantique jusqu’à l’océan indien. Ces évènements impétueux nourrirent une civilisation et un souk extrêmement raffiné, habile aux arts, à l’artisanat marocain et aux sciences. Avec ses superbes cités impériales, le Maroc d’aujourd’hui reflété encore les splendeurs d’une époque qui mêlait éléments arabes et architectures hispano-mauresque d’une fantaisie inégalée.

Des générations d’architectes et d’artisans, des esclaves, et de charpentiers concrétisent le rêve des califes en édifiant, puis en décorant, palais, mosquées et souks, demeures royales et jardins. Seule une pénétration économique progressive des Français et des Espagnols, alliée à une instabilité politique sans doute inhérente aux coutumes berbère, provoqua une crise du système. A partir du XIX e siècle, le Maroc perdit peu à peu sa liberté et son autonomie pour entrer dans la phase la plus obscure de son histoire. Mais, exemple unique dans le panorama historique du continent africain, le pays concevra toujours une certaine indépendance.

En 1955 sous le régime de Mohammed V, la monarchie reprit pleinement le contrôle de la situation et apparaît de nos jours plus solide que jamais, grâce à l’œuvre de Hasan II : seule force apte à garantir au Maroc un avenir sans cahots. Faisant preuve d’une remarquable habilité à échapper aux crises et aux attentats, ce monarque a réussi à maintenir un subtil équilibre entre modernité et tradition marocaine, en rejetant à la fois le capitalisme le plus vorace et l’extrémisme religieux qui ensanglante l’Algérie voisine. Les espoirs  de stabilité reposent maintenant sur son héritier : Mohammed VI.

Si l’histoire du Maroc fascine et captive avec ses médians, ses souks, son artisanat dont ces fameuses babouches et ses villes impériales sa  géographie étonne profondément et son paysage ne laisse personne insensible. Ce pays offre une variété de panoramas à couper le souffle. Le désert respire l’infini et vient buter contre les pentes de l’Atlas, dont les plus hautes cimes sont saupoudrées de neige éternelles. Si les dunes du Sahara paraissent inviolables, avec les montées et descente de collines en mouvement perpétuel, les rudes contreforts montagneux évoquent des configurations lunaires, avec des pics et des vallées où l’homme semble n’avoir jamais posé le pied.

Ces décors sont tellement inquiétants que Georges Lucas les utilisa pour la Guerres des Etoiles, en entraînant le Maroc dans la galaxie d’une aventure cinématographique que quelques années seulement séparent de Marrakech  Express, de Gilles Mackinnon. Autre metteur en scène, autre vision d’un pays qui parait fait exprès pour la caméra et ses artistes.

Mais quand le désert lâche prise, quand les montagnes descendent vers la méditerranée, les immenses l’on croirait plongées au milieu des flots; et la côte Atlantique, où les falaises rongées par l’océan s’ouvrent pour accueillir les grandes plages d’Agadir. La main de l’homme semble avoir bien concurrencé la variété du paysage.

Le port de Tanger et de Casablanca racontent des histoires de commerçants et d’aventuriers, de poètes d’artisans marocains et pauvres diables. Rabat et Meknès traduisent la solennité du pouvoir et de la foi par la beauté des casbahs, des souks et le silence émouvant des nécropoles, Fès ensorcelle et étourdit par l’enchevêtrement de sa médina, ou toute la fantaisie de l’homme paraît s’être muée en architecture. Porte du désert et passage vers les cimes de l’Atlas, Marrakech constitue enfin la plus africaine des villes marocaines. Dans la fumée, le brouhaha de son marché et de son souk, entre les rires et les activités commerciales, le visiteur découvre la véritable âme du pays et, au cas où il aurait perdue, la sienne aussi. Comment s’étonner alors de l’attrait du Maroc, plus que n’importe quelle autre contrée nord-africaine, exerce depuis toujours sur la culture occidentale? Pierre Loti, le Clézio, Saint Exupéry, Paul Bowles, Eugène Delacroix, Tennessee Williams, Jean Genet, Paul Morand, mais également Bernardo Bertolucci ont été charmés, et parfois envoutés, par les parfums et la population, les silences et les immenses décors naturels de ce pays aux mille couleurs, royaume du soleil embrassé par deux mers.

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