Moins d’expos, mieux d’expos

Moins d’expos, mieux d’expos

L’air de rien, en France comme en Europe, les musées, centres d’art et fondations ont commencé à réduire le nombre de leurs expositions afin de faire face à la crise et à la diminution de leurs budgets. Faut-il s’en plaindre ? Assurément non. D’une part, parce qu’il est impossible à l’amateur d’art le plus sérieux de voir la moitié de celles qui l’intéressent. Ainsi, depuis quelques années, en dépit de l’augmentation de sa pagination, Beaux-Arts magazine ne parvient pas à rendre compte de toutes les expositions qui devraient y figure. D’autre part, parce que leur nombre incite à une forme de «Zlap Ping» insatisfaisant pour les sens quand il y a à peine dix ans beau- coup d’entre nous retournions plusieurs fois voir la même exposition. Qui peut en eflet prétendre avoir appréhendé une exposition en une heure, deux heures ou même trois, alors que sont présentées plus d’une centaine d’œuvres et des dizaines de vidéos ? Contempler un tableau de Rothko, de Warhol ou de Fabrice Hyper, ce n’est pas regarder une image sur le Net. Une œuvre, c’est de la matière, de l`espace, de l’indicible en suspension qui s’observent comme un animal sauvage dans la savane. Cela demande du temps, de l’attention, de la connivence. Il faut voir et revoir une œuvre pour espérer la vivre. Telle est en tout cas mon expérience de l’art. J’aimerais vous inviter à des expositions d’une seule œuvre, à voir, revoir et voir encore. Je me souviendrai toujours du cinéaste et collectionneur Claude Berri regardant sans cesse l`un de ses tableaux blancs de Robert Rayman en s’émerveillant de l’effet de la lumière du jour sur celui-ci. Une œuvre, une seule, est en soi une exposition à l’infini : c`est bon de le savoir mais surtout de le vivre.

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